Sanglier sauvage! On craignait son arrivée au Québec. L’ennemi est à présent à l’intérieur de nos murs!

Si Obélix raffole des sangliers, c’est une tout autre histoire pour les spécialistes de la faune et les producteurs agricoles. Il y aurait péril en la demeure!

Par Francine Saint-Laurent
25 novembre 2017

Il n’y a pas très longtemps, le sanglier sauvage était à proximité de la frontière du Québec, dans les États de New York et du New Hampshire. À présent, il semble qu’une quarantaine d’individus ont trouvé refuge quelque part dans nos forêts. Le problème, c’est que ces « indésirables » bêtes sont en mesure de s’établir pour de bon sur notre territoire. Et que ceux qui croient que l’hiver va les tuer se détrompent. La preuve? Le sanglier s’est très bien acclimaté à l’hiver rigoureux de la Saskatchewan. Et c’est là une très mauvaise nouvelle!

Le porcalypse

Le sanglier sauvage est un animal très destructeur faisant partie des espèces les plus envahissantes et les plus néfastes au monde.  Cet animal omnivore – dont le poids oscille entre 34 et 114 kg (de 75 à 251 lb) – a un menu très varié. Il dévore les fruits, les glands, les céréales, les champignons. Il arrache des tubercules, des rhizomes, des bulbes, entre autres choses. Il entre en compétition avec les oiseaux, les écureuils, le dindon sauvage, l’ours noir et le cerf. Il peut causer de gros dégâts dans les jardins et les surfaces gazonnées. Il engloutit de grandes quantités de plantes indigènes, favorisant ainsi la recolonisation de zones dévastées par des plantes envahissantes non endémiques au Québec. Il est véritablement la bête noire des producteurs agricoles car il a la fâcheuse habitude de retourner la terre pour trouver de la nourriture, ce qui endommage de grandes surfaces cultivées, et il se régale de semences et de semis. Il se délecte également de nombreux insectes, de vers de terre, d’œufs, d’oiseaux et d’amphibiens. Il peut même à l’occasion tuer et dévorer de plus gros animaux, comme les faons des cerfs de Virginie, des animaux d’élevage comme des brebis et de petits animaux de compagnie.

Source : Anterra Picture Library

En plus des immenses dégâts qu’il peut causer, le sanglier peut être porteur de près de 40 parasites et d’au moins une trentaine de maladies. Chose plus grave encore, certaines de ces maladies sont transmissibles aux humains, aux animaux sauvages et domestiques. Pour cette dernière raison, certains chercheurs le considèrent comme tout aussi nuisible que le rat, qui tout comme lui se multiplie rapidement.

Un animal futé très difficile à éliminer

Le sanglier est l’as de l’évasion. Il est suffisamment astucieux pour contourner les enclos et pour s’échapper des fermes d’élevage. Une fois en liberté, il est très difficile à le retracer, car il est essentiellement nocturne, et son pelage noir et brun chocolat le rend difficile à détecter la nuit, ce qui limite d’autant le nombre de signalements. S’il se sent traqué par les humains, il devient plus méfiant envers eux. Il modifie son comportement pour devenir davantage nocturne et il évite les terrains à découvert en se réfugiant dans la forêt. La chasse n’est pas un moyen efficace pour éradiquer une population de sangliers. Au contraire, elle a l’effet inverse. Un coup de fusil risque de faire exploser les cellules familiales et disperser de petits groupes des sangliers sur d’autres territoires.

Sortir l’artillerie lourde

Devant une imminente invasion du cochon sauvage, l’État du Texas lui a déclaré la guerre. Le nombre présumé de trois millions d’individus vivant à l’état sauvage causeraient plus de 15 M$ de dommages par année. En février, Sid Miller, commissaire de l’État du Texas, autorisait l’épandage de poisons chimiques sur le sol, au grand dam des défenseurs de l’environnement. À cet arsenal s’ajoute la chasse en hélicoptère avec des armes d’assaut. Associant rapidement le bruit d’un hélicoptère à l’approche de « l’ennemi », le sanglier comprend rapidement qu’il lui faut se mettre à couvert. À l’instar de Vil Coyote, qui ne réussissait jamais à capturer Road Runner dans notre enfance, l’État du Texas tente un nouveau moyen pour déjouer la ruse du cochon : la chasse à l’arme automatique depuis une montgolfière, un moyen plus silencieux.

Au Québec, le seul groupe de sangliers qui se reproduit en liberté se trouve au Centre-du-Québec, selon le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs. Pour tenter de les capturer, le Ministère a adopté la méthode utilisée par l’État de New York, qui a réussi, semble-t-il, à éliminer tous les sangliers qui se trouvaient dans la nature sur son territoire. La stratégie consiste à les appâter avec des muffins. Aussitôt que les sangliers prennent l’habitude de se rendre sur le site, on installe progressivement un enclos muni d’une ouverture qui peut être actionnée et fermée à distance. Une fois que les sangliers sont emprisonnés dans l’enclos, ils sont retirés de l’écosystème. Leur viande est distribuée à des organismes de bienfaisance. À présent, une douzaine de sangliers auraient été ainsi prélevés dans la nature.

J’AGIS POUR LA NATURE!

Si vous découvrez des sangliers à l’état sauvage, veuillez communiquer sans plus tarder avec :
SOS Braconnage au 1 800 463-2191.

VIDÉO :
Chasse au sanglier en hélicoptère :

3 Commentaires

  1. Vous écrivez : » le sanglier peut être porteur de près de 40 parasites et d’au moins une trentaine de maladies. Chose plus grave encore, certaines de ces maladies sont transmissibles aux humains, aux animaux sauvages et domestiques. Pour cette dernière raison, certains chercheurs le considèrent comme tout aussi nuisible que le rat, qui tout comme lui se multiplie rapidement. »
    Ensuite vous écrivez : « Une fois que les sangliers sont emprisonnés dans l’enclos, ils sont retirés de l’écosystème. Leur viande est distribuée à des organismes de bienfaisance »

    Ma question : Donnez-vous aussi des rats aux pauvres????

    • Bonjour,
      En effet, vous posez une très bonne question. En faisant quelques recherches sur Internet, on peut découvrir que le rat fait partie du menu de certains pays.
      Merci pour l’intérêt que vous portez aux animaux sauvages.
      Francine Saint-Laurent
      éditrice

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