Partir au royaume du narval – chapitre 4 – RÉCIT DE LA RÉDACTRICE

Notre rédactrice raconte son périple aux confins de la planète, dans l’un des endroits les plus inhospitaliers qui soient, en quête d’une baleine vivant dans les eaux glaciales de l’Arctique, où il était autrefois très risqué pour les navires de s’aventurer.

Par Francine Saint-Laurent
Hiver – printemps 2018

À mon retour à la maison, je contacte sans tarder les hautes instances de Pêches et Océans Canada pour leur faire part de mon intention de joindre l’équipe de chercheurs à Kakiak Point au Nunavut. Et je précise que j’en ai déjà glissé mot au premier ministre du Canada. J’ignore si cela a eu une influence quelconque, mais après les refus répétés et catégoriques que j’avais reçus auparavant du porteur du projet sur le narval à Winnipeg, à ma plus grande surprise, il a finalement accepté, quoique… sans grand enthousiasme. « Et pas plus d’une semaine avec des dates précises! » a-t-il précisé. Une semaine? Trop court! Des dates précises? Comment serait-ce possible? Je songeais déjà aux embûches majeures à la réalisation du projet. Le climat, bien sûr, le transport, l’inconfort, les nombreux risques, et une multitude d’autres choses encore. Comment pouvais-je arriver à lui donner une date précise? Sans oublier que rien ne garantissait que le narval serait au rendez-vous durant mon trop bref séjour là-bas. Mon appréhension grandissait de jour en jour. Les nouvelles qui me parvenaient de l’équipe de recherche cantonnée à Kakiak Point étaient mauvaises. Nous étions en août 2006, et depuis leur arrivée au début de l’été, les chercheurs n’ont capturé que 5 des 14 narvals qu’ils espéraient prendre. Leur moral était au plus bas.

Pour m’assurer de la qualité des photos, je demande au photographe Pierre Dunnigan de m’accompagner dans cette expédition. Après quelques péripéties qui ont retardé de plusieurs jours notre départ d’Ottawa par le 737 de First Air, nous débarquons, enfin, le 18 août, à Nanisivik, sur la terre de Baffin, avec deux jours de retard sur notre itinéraire. Depuis que la mine de zinc et de plomb a fermé ses portes, en 2002, Nanisivik est presque devenu un village fantôme. Dans l’espoir de trouver un chasseur inuit qui acceptera de nous transporter dans son embarcation à Kakiak Point, nous empruntons une route de caillasse d’une trentaine de kilomètres qui relie Nanisivik à la communauté inuite d’Arctic Bay. Sur place, une autre tuile allait nous tomber sur la tête… En fait, une grosse tuile!

Voir la suite du récit dans le prochain numéro

< Chapitres précédents

Je vous invite à visiter mon site :
francinesaint-laurent.com

Laissez-nous vos commentaires

Cet espace est le vôtre, n’hésitez pas à nous laisser vos remarques, commentaires ou suggestions.
Veuillez entrer vos commentaires
Veuillez entrer votre nom