La faune sera mieux protégée

Entrevue exclusive du ministre Luc Blanchette

Par Francine Saint-Laurent
Été – automne 2018

Luc Blanchette, ministre des Forêts,
de la Faune et des Parcs |
Source : photo tirée de Facebook

Cette année, M. Luc Blanchette, ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, accordait une entrevue exclusive au magazine Faune Nature. L’objectif était de parler des modifications d’envergure proposées à la Loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune. Non sans raison…

Les pillards de la forêt

Chaque année, des milliers de kilos de viande sauvage sont saisis par les agents de protection de la faune du ministère québécois, 9 500 chefs d’accusation sont portés en moyenne, et elles mènent à 5 400 poursuites contre des individus. Il ne faut pas oublier non plus les nombreux signalements, avertissements et constats d’infraction délivrés par les agents, qui ne mènent pas nécessairement à des chefs d’accusation. Des peines peuvent être imposées non seulement à des braconniers faisant partie de réseaux organisés, mais aussi à des braconniers d’occasion. Par prise occasionnelle, on entend la récolte d’une femelle sans un permis de chasse au cerf sans bois; la possession d’un poisson d’une taille non conforme à celle fixée pour le permis de pêche sportive ou le dépassement du nombre maximal de poissons permis, entre autres choses.

La chasse au gros gibier est l’une des plus prisée des braconniers. La viande d’orignal ou de cerf de Virginie constitue un véritable butin pour les braconniers. Elle est souvent destinée à la consommation personnelle ou au marché noir.

La vente de poissons non issus de la pêche commerciale occupe également beaucoup de place dans le braconnage. La majorité des infractions sont commises durant les périodes de chasse et de pêche. Les braconniers se fondent dans la masse pendant l’automne et le printemps, dans des périodes particulières de pêche et dans certaines zones comme les frayères et les sanctuaires de pêche.

Un projet de loi mort au feuilleton

Les modifications proposées à la loi et qui n’ont pas été adoptées s’attachaient à trois volets : augmenter la capacité du ministère de contrer le braconnage; agir plus efficacement pour protéger la faune et ses habitats; et enfin, moderniser les façons de faire pour mieux répondre aux enjeux actuels en matière de faune.

Moderniser, vous dites? En effet, le ministre Blanchette comptait actualiser de façon importante la Loi actuelle. « Les braconniers ne sont pas des gens très gentils, et ils trichent. Ils sont très structurés, informatisés et modernisés. Il faut se donner des moyens pour mieux intervenir contre le braconnage », avait affirmé à l’époque le ministre Blanchette. Toujours selon lui, la population voit d’un très bon œil les mesures qui peuvent être apportées pour lutter efficacement contre le braconnage. « Les gens apprécient également le fait que les portions de viande et de poisson saisies soient remises aux banques alimentaires, de façon à regarnir les tables des moins fortunés ».

Cependant, bien que le projet de loi n°161 soit mort au feuilleton, le ministère a pris plusieurs mesures depuis.

« Au cours des cinq prochaines années, 24,5 millions de dollars seront investis dans la protection de la faune. Cette somme permettra la création nette d’emplois de 40 agents de la faune, portant le nombre total à 425 agents dans la province. »

Le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) attribuera également une aide financière de 998 000 $ à la Fondation de la faune du Québec. Cette aide financière permettra d’appuyer des projets qui visent à protéger les espèces en situation précaire et leurs habitats ainsi que de favoriser la connectivité entre les écosystèmes. Par ailleurs, une somme de 13 M $ sera accordée sur trois ans par le gouvernement du Québec au MFFP dans le cadre de la mesure sur la protection des espèces menacées inscrite au Plan économique de mars 2018. Par cette annonce, le gouvernement confirmait l’importance accordée à cette mesure et affirmait son leadership au regard de ses engagements nationaux et internationaux.

Si vous êtes témoin d’un acte de braconnage ou de tout geste allant à l’encontre de la faune ou de ses habitats, n’hésitez pas à le signaler :

 

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