Partir au royaume du narval – chapitre 5 – RÉCIT DE LA RÉDACTRICE

Notre rédactrice raconte son périple aux confins de la planète, dans l’un des endroits les plus inhospitaliers qui soient, en quête d’une baleine vivant dans les eaux glaciales de l’Arctique, où il était autrefois très risqué pour les navires de s’aventurer.

Par Francine Saint-Laurent
Été – automne 2018

En effet, nous sommes à peine arrivés à Arctic Bay sur la terre de Baffin depuis quelques heures qu’une immense tempête de pluie accompagnée de grands vents s’abat sur le territoire. Or, pour nous rendre à Kakiak Point, située sur la presqu’île Brodeur, lieu de notre destination, nous devons traverser un grand bras de mer, le Admiralty Inlet. Avec des vagues assez hautes pour engloutir une maison, aucun pêcheur inuit ne va accepter de nous amener là-bas avec sa frêle embarcation. Ce serait de la pure folie.

Cette tempête qui n’en finit plus nous garde prisonniers à Arctic Bay, dont le décor rappelle tristement un bidonville. Je sais que l’équipe scientifique quittera Kakiak Point le 24 août. Nous sommes le 22, et la tempête ne semble pas vouloir prendre fin : elle pourrait durer quelques jours encore. Je me promène au bord de la mer, la larme à l’œil à la pensée que notre expédition est fichue. J’ai consacré deux années de ma vie à concrétiser ce projet de reportage, et si près du but, voilà que je vois mes chances d’observer des narvals fondre comme neige au soleil. Je réalise alors amèrement que le plus difficile n’aura pas été de parcourir les 3070 kilomètres qui séparent Montréal de Nanisivik; ce sont les quelque 40 kilomètres qui me restent à franchir avant d’atteindre l’endroit où je dois me rendre qui sont les plus problématiques. C’est alors que je vois un hélicoptère me passer au-dessus de la tête pour finalement disparaître à l’horizon. Je demande à un villageois d’où venait cet hélicoptère. On m’explique que des prospecteurs de diamants travaillent très loin d’ici dans les montagnes, et qu’une fois par semaine ils vont se ravitailler au village. Lorsque j’ai appris le nom de la compagnie minière, je suis restée estomaquée…

Voir la suite du récit dans le prochain numéro

< Chapitres précédents

Je vous invite à visiter mon site :
francinesaint-laurent.com

Laissez-nous vos commentaires

Cet espace est le vôtre, n’hésitez pas à nous laisser vos remarques, commentaires ou suggestions.
Veuillez entrer vos commentaires
Veuillez entrer votre nom