Au royaume du jaguar

L’équipe du magazine Faune Nature part à la découverte de ce magnifique félin

Par Francine Saint-Laurent
Été – automne 2018

Depuis des lustres, je rêvais d’aller filmer le jaguar, une magnifique bête qui compte parmi les plus grands félins du monde : la panthère des neiges, le tigre, le lion, le léopard, le guépard, le puma. Le jaguar est le plus gros félin des Amériques. Un mâle adulte peut peser entre 35 et 129 kilos (de 77 à 285 livres) (1). On le retrouve essentiellement en Amérique centrale et en Amérique du Sud. En 2016, un jaguar a été filmé par une caméra furtive pour la première fois aux États-Unis après quelques décennies d’absence sur le sol américain. (2) Cet événement exceptionnel s’est déroulé dans les montagnes de Santa Rita, dans l’Arizona. Baptisé El Jefe, celui-ci pourrait être l’unique jaguar sauvage vivant aux États-Unis. Par ailleurs, des chercheurs du Mexique et d’Espagne ont obtenu des enregistrements photographiques d’un jaguar mâle dans la région de la Sierra Nanchititla (Centre du Mexique). C’est là un autre événement exceptionnel, puisqu’aucun jaguar n’avait été observé depuis 100 ans dans cette région mexicaine.

Le jaguar est un carnassier redoutable souvent craint par les gens qui s’aventurent dans la jungle tropicale. Cet animal robuste et dangereux pour l’homme n’hésite pas à plonger dans l’eau (il aime nager), à s’attaquer à des crocodiles pour les dévorer avec sa mâchoire puissante. Saviez-vous que les Mayas vénéraient la grande force de cet animal? Celui-ci était l’emblème privilégié de la noblesse et de la royauté mayas. La peau de cet animal était utilisée par les souverains. Leur sceptre était souvent en forme de patte griffue, et le trône, en forme de félin.

Il existe également du jaguar noir dans la forêt tropicale.
La couleur noire de sa fourrure est le signe d’une anomalie génétique dominante appelée mélanisme | Source : Jana Mackov

Une bête fantôme

Il est très difficile d’apercevoir un jaguar dans la nature et encore moins de le filmer, car il a l’habitude de chasser la nuit et de dormir le jour, et c’est un animal silencieux. De surcroît, les taches de son pelage en forme de fleur avec des points noirs au centre lui permettent de passer inaperçu dans la forêt ombragée.

Crocodile de Morelet qui commémore le naturaliste français Pierre Marie Arthur Morelet
qui a découvert cette espèce en 1850 | Source : Francine Saint-Laurent

Cependant, nous avons tenté l’expérience et nous sommes partis aux confins de la jungle guatémaltèque dans l’espoir de capter des images uniques de ce magnifique animal. Pour ce faire, nous nous sommes rendus dans un petit village maya appelé Paso Caballos situé au bord de la rivière San Pedro, qui est infestée de crocodiles. De là, nous avons pris une embarcation pour nous rendre à la Estación Biológica Las Guacamayas, un véritable paradis perdu dans la jungle situé dans le parc national de Laguna del Tigre, l’une des zones humides les plus importantes au monde après le Pantanal au Brésil.

Le territoire où se trouve la Estación Biológica Las Guacamayas a une superficie de 5060 hectares.
Ici, la rivière San Pedro | Source : Francine Saint-Laurent

Des caméras furtives actuellement installées dans la jungle

Notre guide, Cornello Chablé, nous parle d’un endroit où il aurait découvert des pistes de jaguar dans un passage naturel d’animaux sauvages dans la forêt. L’équipe de la Estación aurait déjà placé une caméra infrarouge à cet endroit. Il nous montre des images captées où l’on voit un jaguar s’attaquer à la caméra.

Nous décidons donc de retourner à cet endroit le lendemain pour ajouter d’autres caméras furtives. Cependant, le défi est de taille. Le territoire où se trouve la Estación Biológica Las Guacamayas a une superficie de 5060 hectares. Il y aurait seulement neuf ou dix jaguars qui circuleraient sur cette immense superficie. Pour accroître nos chances, nous décidons de placer des caméras à deux autres endroits différents dans la jungle tropicale. Le parcours en forêt est difficile. Nous devons nous frayer un chemin à travers la broussaille à l’aide d’une machette. Nous décidons d’attendre quelques jours avant d’aller voir si nos caméras ont capté des images. Le temps s’écoule. Nous avons droit à des journées pluvieuses riches en orages tropicaux accompagnés de rafales et de gros grains de pluie.

L’excitation est à son comble le jour où nous décidons de récupérer nos caméras furtives avant notre départ. Quelles surprises nous réservent-elles ? Oui, des images ont été enregistrées, mais lesquelles?

Pour connaître la suite du récit, lisez l’article « Vivez cette expérience extraordinaire avec nous » !

Sources :

Pour en connaître davantage sur la la Estación Biológica Las Guacamayas :
lasguacamayas.org/portal/index.php/us/

Vidéo rare
Un jaguar attaque un caïman

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