Partir au royaume du narval – chapitre 6 – RÉCIT DE LA RÉDACTRICE

Notre rédactrice raconte son périple aux confins de la planète, dans l’un des endroits les plus inhospitaliers qui soient, en quête d’une baleine vivant dans les eaux glaciales de l’Arctique, où il était autrefois très risqué pour les navires de s’aventurer.

Par Francine Saint-Laurent
Hiver 2019

Twin Mining Corporation? Je connaissais bien cette compagnie minière. Un jour, j’avais écrit un reportage sur des prospecteurs de cette compagnie partis en quête de diamants dans le Grand Nord canadien. Je les avais accompagnés et j’avais dormi tout comme eux dans des tentes au cœur des monts Torngat, la chaîne la plus élevée du Canada continental à l’est des Rocheuses. En inuktitut, la langue des Inuits, Torngat signifie « montagne des mauvais esprits », car le temps est imprévisible dans cette région; on peut se lever sous un ciel bleu et voir apparaître en quelques minutes des nuées sombres poussées par les bourrasques venues de la mer du Groenland. Or, pendant mon séjour là-bas, nous avions reçu la visite surprise d’un Anglais, un haut dirigeant de la compagnie minière. Un grand gaillard très sympathique. Il appréciait la jovialité des francophones. Même s’il ne comprenait pas un seul mot de français, il aimait nous voir fêter autour de la table dans la grande tente servant de cuisine. Il appréciait notamment ma compagnie et il faisait preuve de grande gentillesse envers moi. Le jour de son départ, il m’avait remis sa carte de visite en me disant que, si j’avais besoin de quoi ce soit, je ne devais pas hésiter à l’appeler. Or, voilà qu’aujourd’hui ces paroles me reviennent à l’esprit. De l’aide? Oui, oui, j’en ai vraiment besoin. La seule façon de sauver mon reportage est de me rendre à Kakiak Point en hélicoptère. Après plusieurs appels, je finis par joindre le bureau de sa secrétaire. Je lui explique que je téléphone de très loin et qu’il me faut parler à son patron. Après quelques secondes qui me semblent interminables, j’entends enfin la voix de l’homme au bout de la ligne. Il se souvient très bien de moi. Je lui rappelle ce qu’il m’avait dit le jour de son départ des Torngat : si j’avais besoin de quoi ce soit, il ne fallait pas hésiter à l’appeler. Je lui demande tout de go si ses hommes peuvent m’amener à Kakiak Point en hélicoptère. Je sais que je lui en demande beaucoup. Ce service lui coûtera sûrement quelques centaines de dollars en fioul. Je sens mon anxiété monter d’un cran pendant que j’attends sa réponse…

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